Interactions entre élevage transhumant, radicalisation djihadiste et tensions sociales dans le nord du Bénin : Étude du cas Karimama-Malanville
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.17966678Résumé
Résumé
Dans la région de Karimama-Malanville, au nord du Bénin, l’élevage transhumant génère des tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs, liées à la compétition pour l’accès aux ressources naturelles (eau, pâturages, terres). Ces conflits se sont aggravés avec l’implantation de groupes djihadistes transfrontaliers, qui exploitent la porosité des frontières et les frustrations locales pour affaiblir l’autorité étatique et la cohésion sociale. Face à cette dynamique, une recherche socio-anthropologique a été menée pour analyser les mécanismes de ces tensions, en mobilisant les théories du conflit social et des dynamiques interethniques. L’approche qualitative adoptée s’appuie sur des entretiens semi-directifs, des groupes de discussion, l’observation participante, la cartographie sociale et l’analyse documentaire. L’échantillon ciblé intègre une diversité de 75 acteurs (éleveurs, agriculteurs, leaders religieux, jeunes, femmes, rangers, médiateurs, agents de sécurité). Les résultats montrent que l’accès aux ressources est le point de départ des conflits, mais que la radicalisation djihadiste transforme ces tensions en vecteurs d’instabilité. Malgré les efforts institutionnels, les conflits persistent. Une réponse durable exige une gouvernance territoriale inclusive, une gestion équitable des ressources et un renforcement du dialogue intercommunautaire pour contenir les risques de radicalisation.
Mots clés : Élevage transhumant - conflits - radicalisation djihadiste - tensions sociales – Karimama/malanville.
Abstract
In the Karimama-Malanville region of northern Benin, transhumant pastoralism engenders recurrent disputes between agriculturalists and herders, primarily driven by competition over scarce natural resources (water, pastures, land). These disputes have been exacerbated by the expansion of cross-border jihadist movements, which capitalize on porous frontiers and local grievances to erode state legitimacy and weaken social cohesion. To interrogate this dynamic, a socio-anthropological investigation was undertaken to elucidate the mechanisms underpinning these tensions, informed by theoretical frameworks on social conflict and interethnic relations. The qualitative design employed integrates semi-structured interviews, focus group discussions, participant observation, social cartography, and documentary analysis. The purposive sample encompasses 75 heterogeneous actors (herders, farmers, religious leaders, youth, women, park rangers, mediators, and security personnel), thereby reflecting diverse positionalities and perspectives. Findings indicate that resource competition constitutes the initial catalyst of conflict, yet jihadist radicalization reconfigures these disputes into vectors of territorial instability. Despite institutional interventions—including legislative instruments, mediation processes, and sensitization initiatives—conflicts endure. A sustainable resolution necessitates inclusive territorial governance, equitable resource distribution, and reinforced intercommunity dialogue to attenuate radicalization risks.
Keywords: Transhumant livestock farming – conflicts – jihadist radicalization – social tensions – Karimama/Malanville
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