Régulation de la circulation à des formes de violence à Yaoundé-Cameroun : cas de la résistance des conducteurs de motos (de l’informel) aux opérations de la police municipale
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.19033882Résumé
Résumé
Les rues des centres urbains du Cameroun sont aujourd’hui confrontées à d’énormes défis de circulation et de violence. Le cas de Yaoundé ville multifonctionnelle, avec une démographie de plus en plus galopante intéresse cette réflexion. Les conducteurs de motos encore appelé « Benskineurs » occupent une place de choix dans le secteur des transports. Cette activité qui facilite le déplacement aujourd’hui, aide à lutter contre le chômage, mais aussi contribue à perturber la circulation. Le gouvernement dans son rôle de régulateur de la circulation, a mis sur pied une police dite municipale, ouverte aux communautés urbaines, aux communes d’arrondissements pour davantage favoriser une meilleure gestion de la circulation. Mesure renforcée par le décret du chef de l’Etat du 09 août 2022 qui organise le fonctionnement de cette « police ». Mais le rapport observé entre les conducteurs de moto et cette unité municipale à Yaoundé reste violent. Cette réflexion revient sur la persistance du rapport violent entre les acteurs des engins à deux roues et la « police » municipale. Dans le but enfin d’expliquer les logiques d’actions qui fondent au quotidien ce rapport de force entre ces deux parties. Une approche qualitative est mobilisée pour ce travail. Les entretiens approfondis ont été menés auprès de quelques conducteurs de motos et d’agents de la police municipale, auprès de quelques usagers témoins et victimes des actes de violence. Et aussi, auprès de quelques autorités municipales et des responsables syndicales des motos et même auprès de la police nationale. Ces entretiens ont été complétés par la recherche documentaire et l’observation directe libre. Inscrit simultanément dans l’approche structuralo marxiste de Manuel Castells Olivàn, dans la théorie des champs de Pierre Bourdieu, et de l’anarchie organisée de Michael Cohen et James March, Il en est ressorti plusieurs résultats. D’abord, la violence qui caractérise le rapport entre la police municipale et les conducteurs de motos trouve sa source dans la volonté interventionniste des institutions urbaines, que les conducteurs de motos reçoivent comme une imposition, mieux, comme une violation de leur droit à la ville. Ensuite, dans les mécanismes de lutte contre la conjoncture économique qui caractérise le Cameroun. Enfin, dans leurs niveaux d’instruction et de civisme relativement faibles.
Mots clés : Conducteurs de motos, police municipale, régulation de la circulation, résistance, violence.
Abstract
The streets of Cameroon’s urban centers today faces enormous challenges related to traffic and violence. The case of Yaounde, a multifunctional city, with an increasingly rapid demographics, is particularly relevant to this reflection. Motorcycle drivers, commonly called « Benskineurs », occupy an important place in the transport sector. This activity which facilitate mobility today, helps to fight unemployement, but also contributes to traffic disruption. In it role as traffic regulator, the government established a so-called municipal police force, open to urban communities and district municipalities in order to promote better traffic management. This measure was reinforced by the decree of the Head of State of August 9, 2022 which organizes the functioning of this « police ». However, the relationship observed between motorcycle drivers and this municipal unit in Yaounde remains violent. This study examines the persistence of this violent relationship between those involved in two-wheeled vehicles and the municipal « police ». With objective of explaining the logic of actions that structure the daily power dynamics between the two groups. A qualitative approach was used for this research. The in-depth interview were conducted with some motorcycle drivers and municipal police officers, as well as with some users who witnessed or were victims of acts of violence. Interviews were also carried out with municipal authorities and motorcycle union leaders, and members of the national police. These interviews were supplemented by free documentary reasearch and direct observation. Simultaneously inscribed in the structural Marxist approach of Manuel Castells Olivan, in the field theory of Pierre Bourdieu, and of the organized anarchy of Chen and James March, several results emerged. Firstly, the violence which characterizes the relationship between the municipal police and motorcycle drivers stems from the interventionist desire of urban institutions, which motorcycle drivers percieve as an imposition, or even as a violation of their rights to the city. Second, it is linked to the strategies developed to cope with the difficult economic situation that characterizes Cameroon. Finally, it is also related to the relatively low levels of education and civic awareness among the actors involved.
Keys words : Motorcycle drivers, municipal police, Traffic regulation, resistance, violence
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