Entre extraversion et dépendance au sentier : l’action internationale des CTD camerounaises à l’épreuve des instruments de politique publique Cas de la Communauté urbaine de Douala et de la Commune d’arrondissement de Yaoundé 4
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.21299306Abstract
Résumé :
Dans le sillage du Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées (CGCTD) pris en 2019 et des impératifs de performance, l’action internationale des gouvernements locaux au Cameroun, saisie par les instruments de politique publique locale, connait une mutation profonde, passant d’une coopération de jumelage à une véritable diplomatie territoriale et de développement local. Inscrite désormais dans une quête de ressources et de légitimité, au cœur de la gouvernance locale, cette action s’opérationnalise à travers les instruments de politique publique, à l’instar des Plans Communaux de Développement (PCD), des budgets et autres outils qui garantissent l’efficacité de ses actions. Fondée sur une approche comparative contrastée entre la Communauté Urbaine de Douala (CUD), capitale économique du Cameroun et la Commune d’Arrondissement de Yaoundé 4 (CAY4), territoire à forte densité sociale, l’étude proposée interroge l’adéquation entre les ambitions globales des acteurs locaux, en ce qui concerne leur projection internationale notamment, et leurs instruments techniques de gestion locale. À l’épreuve des faits, leur déploiement est travaillé par deux dynamiques contradictoires : d’une part, une logique d’extraversion par laquelle les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) mobilisent les standards internationaux et des dispositifs techniques afin de capter les ressources externes, risquant par là-même un mimétisme institutionnel déconnecté des réalités territoriales et, d’autre part, une dépendance au sentier (path dependancy) qui maintient les pratiques municipales sous le joug de routines bureaucratiques centralisatrices et d’une tutelle administrative persistante voire pesante, héritées de la sociogenèse de l’État au Cameroun. La méthodologie adoptée repose sur une analyse documentaire fouillée et des entretiens semi-directifs avec, entre autres, les responsables des services de coopération. Sous le prisme de cette approche comparative, l’analyse opérée souligne un « décalage instrumental » entre la CUD et la CAY4. Ce décalage induit une dynamique d’extraversion et de dépendance au sentier de l’action internationale de ces deux entités.
Termes clés : extraversion, dépendance au sentier, action internationale, collectivités territoriales décentralisées, instrument de politique publique, Cameroun, CUD, CAY4.
Abstract :
In the wake of the General code of Decentralised Local Authorities enacted in 2019 and the imperatives of performance, the international action of local governments in Cameroon, as mediated by local public policy instruments, is undergoing a profund transformation. Its is shifting from twinning cooperation toward a genuine form of territorial and local development diplomacy. Now embedded withim a quest for ressources and legitimacy at heart of local governnace, this action is operationnalised through public policy instruments, such as Municiapl Development Plan, budgets, and other tools designed to guarentee the efficicacy of its interventions. Grounded in a contrasting comparative approach between the Douala Urban Community, the economic capital of Cameroon and the Borough Council of Yaoundé IV, a territory characterised by high social density, this study interrogates the congruence between the global ambitions of local actors, particulary with regard to their international projection, and their technical instruments of local governance. When put to test of empirical reality, their deployment is shaped by two contradictory dynamics : on the one hand, a logic of extraversion whereby Decentralised Local Authorities mobilised international standars and technical mechanisms in order to capture external ressources, thereby risking institutionnal isomorphism detached from territorial realities ; and on the other, a path dependency which keeps municipal practices bound by centralising bureaucratic routines and by a persistent, indeed burdensome, administrative oversight inherited from the sociogenesis of the Camerounian state. The methodology adopted rests upon a through documentary analysis and semi strctured interviews with, inter alia, heads of cooperation departments. Through the lens of this comparative approach, the analysis highlights an instrumental gap between the CUD qnd CAY4. This gap engenders a dynamic of both extraversion and path dependency in the international action of these two entities.
Keywords : Extraversion, path dependency, international action, decentralised local authorities, public policy, Cameroon, CUD, CAY4.
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