L’impact de la protection sociale universelle sur les résultats sociaux (bien -être) et économiques (réduction de la pauvreté et amélioration du niveau de vie)

Authors

  • Oussama ELHADDAD

DOI:

https://doi.org/10.5281/zenodo.22901976

Abstract

Résumé :

La protection sociale universelle (PSU) s’impose aujourd’hui comme un pilier des stratégies de développement dans les économies émergentes. Depuis 2020, le Maroc s’inscrit dans une réforme ambitieuse visant à étendre la couverture sanitaire et sociale à l’ensemble de la population, y compris aux personnes relevant du secteur informel. Cet article a pour objectif d’évaluer empiriquement l’impact de l’extension de la PSU sur la pauvreté absolue et sur le niveau de vie, appréhendé par le PIB par habitant, au Maroc. Sur le plan méthodologique, la recherche s’inscrit dans un positionnement épistémologique positiviste et mobilise un raisonnement hypothético-déductif : deux hypothèses issues de la littérature sont testées au moyen de modèles de régression linéaire par les moindres carrés ordinaires (MCO), complétés par des tests de significativité (statistiques t et F), un diagnostic de multicolinéarité et une analyse des résidus. L’échantillon est constitué de séries annuelles de source officielle (HCP, ANAM, ministère de la Santé et de la Protection sociale, Banque mondiale, FMI) couvrant la période 2010–2025, les observations relatives à la pauvreté absolue étant limitées aux années d’enquête disponibles (2010, 2014, 2019 et 2022). Deux équations sont estimées : la première explique le taux de pauvreté absolue, la seconde le PIB par habitant, à partir du taux de couverture santé et du niveau des dépenses sociales.

Les résultats font apparaître une association statistiquement significative entre l’extension de la couverture santé et la baisse de la pauvreté absolue (coefficient de –0,31 ; p = 0,036), ainsi qu’entre la couverture santé, les dépenses sociales et l’élévation du PIB par habitant (coefficients respectifs de +170,7 et +250,8 ; p < 0,01). Le signe positif obtenu pour les dépenses sociales dans l’équation de pauvreté, contre-intuitif au premier abord, est interprété comme le reflet d’une causalité inverse et d’un effet différé de la dépense publique. L’analyse souligne également que l’efficacité des dépenses sociales dépend de facteurs institutionnels et de gouvernance. Ces observations rejoignent les travaux empiriques récents consacrés aux pays à revenu intermédiaire d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

La principale conclusion de l’étude est que la PSU constitue un levier macroéconomique du développement inclusif au Maroc : son extension est associée simultanément à une réduction de la pauvreté et à une amélioration du niveau de vie. La taille réduite de l’échantillon invite toutefois à lire ces résultats comme des associations robustes plutôt que comme des effets causaux établis. Des défis subsistent en matière de soutenabilité financière, d’intégration du secteur informel et d’amélioration de la gouvernance. Les recherches futures devraient mobiliser des microdonnées et des méthodes économétriques dynamiques pour approfondir l’analyse et favoriser les comparaisons internationales.

Mots-clés : Protection sociale universelle ; pauvreté ; PIB par habitant ; Maroc ; réformes sociales.

Abstract:

Universal social protection (USP) has become a core component of development strategies in emerging economies. Since 2020, Morocco has been undertaking an ambitious reform aimed at expanding health and social coverage to the entire population, including workers in the informal sector.

The objective of this paper is to empirically assess the impact of the extension of universal social protection on absolute poverty and on living standards, proxied by GDP per capita, in Morocco.

Methodologically, the research adopts a positivist epistemological stance and a hypothetico-deductive mode of reasoning: two hypotheses drawn from the literature are tested using Ordinary Least Squares (OLS) linear regression models, supplemented by significance tests (t and F statistics), a multicollinearity diagnosis and residual analysis. The sample consists of annual data from official sources (HCP, ANAM, Ministry of Health and Social Protection, World Bank, IMF) covering the 2010–2025 period, with observations on absolute poverty restricted to the available survey years (2010, 2014, 2019 and 2022). Two equations are estimated: the first explains the absolute poverty rate, the second GDP per capita, based on the health coverage rate and the level of social spending.

The results show a statistically significant association between the extension of health coverage and the decline in absolute poverty (coefficient of –0.31; p = 0.036), as well as between health coverage, social spending and the rise in GDP per capita (coefficients of +170.7 and +250.8 respectively; p < 0.01). The positive sign obtained for social spending in the poverty equation, counter-intuitive at first sight, is interpreted as reflecting reverse causality and a delayed effect of public spending. The analysis also reveals that institutional and governance factors influence the efficiency of social spending. These observations are consistent with recent empirical work on middle-income countries in Africa, Asia and Latin America.

The main conclusion of the study is that USP acts as a macroeconomic lever for inclusive development in Morocco: its extension is associated both with poverty reduction and with improved living standards. The small sample size nevertheless calls for these results to be read as robust associations rather than as established causal effects. Challenges persist regarding financial sustainability, the integration of the informal sector and the strengthening of governance. Future research should draw on microdata and dynamic econometric methods to deepen the analysis and facilitate cross-country comparisons.

Keywords: Universal social protection; Poverty; GDP per capita; Morocco; Social reforms.

 

 

Published

2026-09-22

How to Cite

Oussama ELHADDAD. (2026). L’impact de la protection sociale universelle sur les résultats sociaux (bien -être) et économiques (réduction de la pauvreté et amélioration du niveau de vie). African Scientific Journal, 3(37). https://doi.org/10.5281/zenodo.22901976